Devenir chef d’entreprise ne signifie pas forcément créer une société de zéro.
Chaque année, des entrepreneurs choisissent une autre voie : reprendre une entreprise déjà existante.
L’avantage ? On reprend une activité qui dispose généralement déjà de clients, d’une organisation, d’un historique comptable et d’un chiffre d’affaires.
Mais une question arrive rapidement :
« Comment financer le rachat des parts de l’entreprise ? »
La bonne nouvelle, c’est qu’il est tout à fait possible de recourir à un financement pour réaliser une acquisition.
Mais comme toujours en matière de financement professionnel, la solidité du projet et du montage financier seront déterminantes.
🏢 Acheter une entreprise : de quoi parle-t-on exactement ?
Lors d’une reprise, plusieurs possibilités existent.
L’acquéreur peut notamment acheter :
- le fonds de commerce,
- les actifs de l’entreprise,
- ou directement les parts ou actions de la société.
Dans le cas d’un rachat de parts ou d’actions, l’acquéreur devient associé ou actionnaire de la société existante.
Il reprend donc également son historique, son organisation et son fonctionnement.
Le financement doit alors être construit en tenant compte de la valeur de l’entreprise et de sa capacité à générer suffisamment de revenus pour rembourser l’opération.
💰 Peut-on financer 100 % du rachat ?
C’est l’une des premières questions que se posent les repreneurs.
En théorie, un financement peut couvrir une part importante du prix d’acquisition.
Mais obtenir un financement sans aucun apport personnel est généralement plus difficile.
La banque cherche à limiter son risque.
Elle va donc étudier notamment :
- le montant de l’apport,
- la rentabilité de l’entreprise,
- son historique financier,
- le niveau d’endettement,
- les perspectives de développement,
- l’expérience du repreneur,
- et la cohérence du prix de cession.
L’apport n’est donc pas simplement une somme d’argent.
Il constitue également un signal de confiance dans le projet.
🏦 Comment la banque finance-t-elle un rachat de parts ?
Le montage peut prendre différentes formes.
Dans de nombreux projets de reprise, l’acquisition est réalisée par l’intermédiaire d’une holding de reprise.
Le principe est relativement simple :
Le repreneur crée une holding → la holding emprunte → elle acquiert les titres de la société cible → les flux remontant de la société permettent ensuite de contribuer au remboursement de la dette.
Ce type de montage nécessite évidemment une analyse approfondie et doit être structuré avec les professionnels compétents.
La banque va notamment vérifier que les résultats futurs de l’entreprise permettent raisonnablement de supporter la dette liée à l’acquisition.
📊 Le chiffre d’affaires ne suffit pas
Un point essentiel lors d’une reprise :
Une entreprise qui réalise 1 million d’euros de chiffre d’affaires n’est pas forcément une entreprise qui peut supporter un gros financement.
La banque va surtout regarder la capacité réelle de l’entreprise à générer suffisamment de résultat et de trésorerie.
Elle va notamment analyser :
- le chiffre d’affaires,
- la marge,
- la rentabilité,
- l’EBE ou EBITDA selon les dossiers,
- les dettes existantes,
- la trésorerie,
- les besoins en fonds de roulement,
- et les flux de trésorerie.
L’objectif est de répondre à une question fondamentale :
L’entreprise génère-t-elle suffisamment de ressources pour supporter le remboursement de la dette après la reprise ?
👤 Le repreneur est lui aussi étudié
Même si l’entreprise rachetée est rentable, la banque ne finance pas uniquement une société.
Elle finance également un projet porté par un entrepreneur.
Le profil du repreneur est donc essentiel.
Son expérience professionnelle, ses compétences, sa connaissance du secteur et sa capacité à diriger l’entreprise seront étudiées.
Un excellent projet peut devenir beaucoup plus difficile à financer si le repreneur ne possède aucune expérience dans le domaine concerné.
À l’inverse, un entrepreneur expérimenté qui reprend une entreprise qu’il connaît parfaitement peut présenter un profil particulièrement rassurant.
📈 Le business plan est indispensable
Lors d’une reprise, le business plan ne consiste pas simplement à présenter une idée.
L’entreprise existe déjà.
Le repreneur doit donc expliquer ce qu’il compte faire après l’acquisition.
Par exemple :
- conserver l’équipe,
- développer une nouvelle activité,
- ouvrir une nouvelle zone géographique,
- investir dans du matériel,
- améliorer la rentabilité,
- développer les ventes,
- ou simplement poursuivre une activité qui fonctionne déjà.
La banque doit pouvoir comprendre comment l’entreprise va évoluer une fois la reprise réalisée.
💶 Et l’apport personnel dans tout ça ?
L’apport reste un élément important.
Il peut provenir de l’épargne personnelle du repreneur, mais pas uniquement.
Selon le projet et le profil du candidat à la reprise, différents dispositifs peuvent contribuer à renforcer le plan de financement.
On peut notamment retrouver :
- l’apport personnel,
- un prêt d’honneur,
- certains dispositifs de garantie,
- des investisseurs,
- un financement bancaire,
- ou différentes aides liées à la création ou à la reprise d’entreprise.
L’objectif est de construire un plan de financement équilibré.
🧮 Le prix de l’entreprise doit être cohérent
Une autre question essentielle concerne le prix de vente.
Une entreprise peut être très rentable mais être proposée à un prix tellement élevé que son financement devient difficile.
À l’inverse, une entreprise proposée à un prix raisonnable peut présenter un dossier beaucoup plus facile à financer.
La banque va donc regarder la cohérence entre :
prix de cession → rentabilité → capacité de remboursement → niveau d’endettement.
Le prix demandé par le vendeur n’est donc pas automatiquement le prix que la banque considérera comme finançable.
⚠️ Attention à ne pas surendetter l’entreprise
C’est l’un des principaux risques d’une reprise.
Le repreneur doit éviter de construire un montage dans lequel la totalité des ressources générées par l’entreprise sert à rembourser la dette.
Une entreprise doit continuer à fonctionner.
Elle doit pouvoir :
- payer ses salariés,
- financer ses stocks,
- investir,
- faire face aux imprévus,
- supporter une baisse temporaire d’activité.
Un financement trop lourd peut fragiliser une entreprise pourtant saine au départ.
🔍 Racheter les parts ou le fonds : quelle différence ?
C’est une question importante à étudier avant de construire le financement.
Acheter les parts ou actions
L’acquéreur reprend la société elle-même.
Le financement porte donc sur l’acquisition des titres.
Acheter le fonds de commerce
L’acquéreur achète essentiellement l’activité et certains éléments qui la composent, sans nécessairement reprendre la société elle-même.
Les conséquences juridiques, fiscales et financières peuvent être très différentes.
Le choix entre les deux doit donc être étudié avec votre expert-comptable, votre avocat et les professionnels qui vous accompagnent dans la reprise.
🤝 Pourquoi préparer le financement avant de négocier ?
Une erreur fréquente consiste à négocier d’abord le prix avec le vendeur et à chercher ensuite comment financer l’opération.
Il est souvent plus pertinent de commencer par déterminer :
Combien puis-je réellement financer ?
Cela permet ensuite de savoir :
- quelle entreprise rechercher,
- quel prix maximum envisager,
- quel apport mobiliser,
- quel niveau de dette supporter,
- et quel montage construire.
Cela évite de consacrer beaucoup de temps à une entreprise dont le prix serait finalement incompatible avec votre capacité de financement.
🏦 Le rôle du courtier en financement professionnel
Dans une opération de reprise, le financement peut rapidement devenir complexe.
Entre la société cible, la holding éventuelle, le repreneur, les dettes existantes et les prévisions financières, le dossier doit être particulièrement cohérent.
Le courtier peut notamment vous accompagner pour :
- analyser votre capacité de financement,
- étudier le montage,
- préparer le dossier bancaire,
- identifier les partenaires susceptibles d’être intéressés,
- comparer les conditions proposées,
- et présenter le projet de manière claire aux établissements financiers.
L’objectif n’est pas simplement de trouver une banque qui dit oui.
Il s’agit de construire un financement qui reste cohérent avec la capacité réelle de l’entreprise.
🎯 Un exemple concret
Imaginons une entreprise proposée à la vente pour 500 000 €.
Le repreneur dispose de 100 000 € d’apport.
Il pourrait rechercher un financement bancaire pour compléter l’opération.
Mais la banque ne va pas simplement faire :
500 000 € – 100 000 € = 400 000 € de crédit.
Elle va surtout chercher à savoir si l’entreprise peut supporter les remboursements correspondant à cette dette.
Elle analysera donc ses comptes, sa rentabilité, sa trésorerie, ses perspectives et le profil du repreneur.
Si le projet présente suffisamment de marge de sécurité, le financement peut être envisageable.
Dans le cas contraire, il faudra éventuellement revoir :
- le prix d’acquisition,
- le montant de l’apport,
- la durée du financement,
- le montage,
- ou les conditions de la reprise.
📋 Les documents à préparer
Pour présenter correctement un projet de reprise, mieux vaut anticiper les documents nécessaires.
Selon le dossier, la banque pourra notamment demander :
- les derniers bilans de l’entreprise,
- les comptes de résultat,
- les éléments comptables récents,
- les informations relatives aux dettes,
- le prévisionnel,
- le business plan,
- le projet de protocole ou de cession,
- les informations sur le repreneur,
- et les justificatifs concernant son apport.
Plus le dossier est clair et documenté, plus son analyse peut être facilitée.
🚀 Reprendre une entreprise : un projet qui peut être financé
Le rachat d’une entreprise représente un investissement important.
Mais contrairement à une création pure, le repreneur dispose généralement d’un historique permettant d’analyser l’activité existante.
C’est un véritable avantage pour construire un dossier bancaire.
La clé consiste à démontrer que :
le prix est cohérent + l’entreprise est suffisamment rentable + le repreneur est capable de piloter l’activité + le financement reste supportable.
✅ Ce qu’il faut retenir
✔ Oui, il est possible d’emprunter pour racheter les parts d’une entreprise.
✔ Le financement peut notamment passer par une holding de reprise selon le montage retenu.
✔ L’apport personnel reste un élément important, mais il existe plusieurs leviers pour structurer un plan de financement.
✔ La banque analyse autant l’entreprise rachetée que le profil du repreneur.
✔ Le chiffre d’affaires seul ne suffit pas : rentabilité et capacité de remboursement sont essentielles.
✔ Le prix de cession doit être cohérent avec les performances de l’entreprise.
✔ Anticiper le financement avant de négocier la reprise permet d’éviter de nombreux problèmes.
🤝 Conclusion
Racheter une entreprise avec un financement bancaire est tout à fait envisageable.
Mais une opération de reprise ne s’improvise pas.
La banque doit pouvoir comprendre l’entreprise, le repreneur, le prix de cession et surtout la manière dont la dette sera remboursée.
Plus le montage est préparé en amont, plus il est possible d’identifier les éventuelles difficultés et de construire une stratégie adaptée.
Vous avez identifié une entreprise à reprendre ?
Ne commencez pas par vous demander uniquement combien elle coûte.
Commencez également par vous demander :
« Comment vais-je financer cette acquisition et l’entreprise pourra-t-elle supporter ce financement ? »
C’est souvent à ce moment-là que la préparation du financement fait toute la différence.
Vous envisagez de reprendre une entreprise et souhaitez étudier votre capacité de financement ?
Courtisa vous accompagne dans l’analyse et la recherche de solutions de financement adaptées à votre projet de reprise.
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